sylnia

Saleté ! (épisode 3)

Dans Saleté ! le 16 février 2009 à 02:10
Discussion sur le traitement de l’homme, les recherches sur le genre, le pourquoi.
- avec tout ça tu ne m’as toujours pas dit ce que tu cherches sur ce site, ce qui te fais débarquer chez un inconnu en pleine nuit, comme ça. Ca m’épate. Ca m’émeut l’éfronterie qu’il faut à une femme, ici, aujourd’hui, pour faire ça. Voilà, c’est le bon terme : tu es émouvante.
Putain, mais c’est qui ce mec ??
- par jeu. Par envie. Parce que je dois être un peu cinglée… je sais pas ! Je cherche de jeunes hommes avec qui passer de bons moments. J’aime pas les one shot, j’ai pas envie d’une histoire comme ça … alors là… c’est pratique. Je ne rencontre que des hommes qui n’habitent pas dans ma région. C’est une sécurité. Pour moi, pour eux …Il n’y a rien à projeter dans ces conditions, juste à apprécier.
- et alors ? verdict ?
- Plaisant le verdict, pour le moment.
- Tu as rencontré beaucoup de monde ?
Moment de solitude.
2 soirées, 2 mecs. Plus lui. Je peux pas lui dire ça.
- Un peu.
- Un peu c’est combien ?
Moment de solitude 2 : c’est combien beaucoup sur Paris ?
- Ca fait pas longtemps que j’y suis… un mois, un mois et demi.
- Combien de rencontres ?
- 2… et la troisième en devenir.
- 2 mecs avec qui tu aie eu une aventure ?
- oui …
- en Un mois ??
- et demi … un mois et demi …
- ah quand même !! tu perds pas de temps.
Grand moment de solitude.
Rattraper la situation.
Trouver un sujet.
- t’en as rencontré tout autant : 2 belles rencontres, hors moi, tu m’as dit.
- oui mais moi c’est en presque 4 mois !!
Rattrapper, mais comment ?
Dérive du sujet : la sexualité.
Je ne sais pas comment, mais on dérive.
On glisse.
Préférences sexuelles, préférences générales des franaçais et des françaises.
L’influence du porno sur nos sexualités.
Distingo de cette influence sur les hommes et les femmes.
Putain 2 sujets, deux fois mouche.
Mais c’est qui ce mec ??

 

Saleté ! (épisode 2)

Dans Saleté ! le 16 février 2009 à 02:08
Appartement, porte de l’appartement.
Ok, la peur reprend.
Il entrouvre et je ressens une certaine angoisse.
Inconsciente, je le suis, c’est certain maintenant.
Je rentre, juste un regard, j’observe : personne.
Ben oui … ça peut arriver … les guets-appent … je suis parano… quand même… un peu …
Je regarde encore. Pas possible de jetter un coup d’oeil discret aux pièces attenantes (cuisine, salle de bains) dès l’entrée… scheisse !
j’avance, doucement, le garçon derrière moi.
Il ferme.
Ca a l’air vide.
OK.
Je me détends.
Je pose ma veste.
Toujours ce regard de “je viens de prendre un grand coup sur la tête”.
J’adore.
Je suis de plus en plus fan de ce regard déboussolé.
Et de cette petite voix.
C’est un séducteur. J’adhère.
- Tu bois quoi ? Vodka ?
- Ok, vodka.
Cuisine.
- Avec ? cranberry, ça te va ?
- ben non, seule !
- tu bois ta vodka … comme ça ?
- ben oui ! elle est bien glacée, elle sort du freezer, pas besoin d’autre chose.
Regard déboussolé, amusé, de nouveau.
Je l’achève :
- Il n’y a que les français tu sais pour mettre des trucs sucrès doucereux dans leur vodka !
re-regard etc …
Il est étonné, le dit, il aime ça, être étonné. Il le dit aussi.
Jeu, séduction.
On avance.
Retour canapé.
- Je m’attendais pas …
Sa voix … hmmm, sa voix !
- tu ne t’attendais pas ?
Je suis sure de moi. Je ne le montre pas trop.
On joue, je suis dans mon élément.
- je sais pas … tes photos … j’adorais mais … t’étais pas du tout mon style, dessus … je m’attendais pas à …
Encore ce silence, ce sourire … on fait durer, on joue, j’adore.
- à … ?
- … à ce que tu me trouble, comme ça, tellement … Je croyais prendre un verre avec une nana sympa, avec qui je pensais bien m’entendre pas à …
tu vois, j’aimais nos échanges et je me disais… je me disais que c’était moche de ne pas être attiré par ton physique alors que tout, de tes propos à la mise en scène de tes images, m’intéressait…
Je les ai regardées, re-regardées… j’y ai trauqyé tout ce que je pouvais y trauquer d’attirant mais rien … le vide total …
Soupir, respiration, sourires entendus, je ronronne, … il reprend :
-  je suis supris, agréablement. Ca me déstabilise. Je ne m’attendais pas à être… troblé, attiré, comme ça, par toi.
Je ris. Non, à ce stade je pense que je glousse. Oui : je glousse.
J’ai envie qu’il continue. Que cette voix douce et légèrement grave par endroits continue à me faire des compliments qui donnent l’impression de lui coûter.
Encore, je lui dis, encore j’en veux, des compliments.
Il sourit.
On parle.
On savait déjà pourquoi on se rencontrait.
La réalité est plaisante.
Encore plus.
Discussion. On redémarre classique.
- Mais comment … comment une fille comme toi atterrit sur ce genre de site ? je veux dire … tu n’en as pas besoin… tu y cherches quoi ?
Je lui renvoie la question : lui non plus n’en as pas besoin.
- j’écris. Sur l’homme d’aujourd’hui, sur le fait qu’il soit perdu dans cette société. On parle des révolutions féminines mais on ne se pose que trop peu la question de l’homme. Alors j’essaye d’écrire là-dessus. Et ces sites de rencontre font partie de mon histoire. C’est un mec perdu qui cherche quelqu’un à rencontrer, par ce biais, entre autres.
Moment de flottement. Ce mec a-t-il pu lire dans mes messages ? pirater mon ordinateur ? Il doit forcément me connaitre pour que le premier truc qu’il me sorte soit un de mes sujets d’interrogation préféré …
Merde. Ya un micro, une caméra … ya un truc là, non ?
C’est après ce passage qu’il se transforme en loup carnassier ?
Non ?
Parce que si la réponse est “non” je suis dans la merde là …
Il commence beaucoup trop fort ce garçon.
C’était pas dans le contrat. Pas du tout du tout !
Le contrat c’était des amants rigolos, sympas et disponibles pour mes virées parisiennes.
Intéressants mais pas trop.
Attachants mais pas trop.
Des mecs à kiffer et pour lesquels être kiffante.
Sans attache, mais sans distance non plus.
Et là, merde, mais qui c’est ce mec ??
Reprise. Je me reprend. Je ne perd rein de mon assurance, je crois.
En tous cas, d’un coup, c’est comme un défi.
La situation me plait. Terriblement.
Ce mec me plait et j’aime ce qu’il me dit.
J’ai envie de lui faire l’amour là tout de suite.
De faire valser ses trois couches de t-shirt, pull et gilet qui s’entrecroisent de façon très fashion sur son torse.
Mais je vais faire durer. Pour voir.
Je m’auto-défie.
Son genou. Son genou contre le mien.
Le canpé est petit.
Ca m’arrange.
Je vais avoir du mal à tenir mais j’aime ce contact.
Je suis terriblement joueuse.

 

Saleté ! (épisode 1)

Dans Saleté ! le 16 février 2009 à 02:03
Minuit, c’est pas franchement une heure pour arriver chez quelqu’un. Particulièrement chez un homme. Particulièrement quand on ne le connait pas.
Mais après tout pourquoi pas.
“Saleté!”
Immeuble moderne, plein cœur du 14e tranquille.
Vitres fumées. J’attends. Je viens de marcher 500m, et j’ai froid.
Coup de fil, il arrive.
J’me sens con, ridicule, inconsciente…
J’ai envie de repartir, de ne pas attendre.
Je suis fatiguée… peu dormi les nuits précédentes.
Une main derrière la vitre. Il fait sombre dehors, sombre dedans.
Il a du se glisser dans le noir jusqu’à la porte, certainement pour m’observer.
Une main derrière la vitre, qui se dirige vers la poignée de porte.
C’est tout ce que je vois, furtivement.
C’est cocasse et inquiétant.
Mais après tout pourquoi pas.
La porte s’ouvre, à la dérobée.
Toujours une ombre, je ne vois toujours rien de plus qu’une vague ombre.
J’entre, je salue.
Il sourit.
Il est là, mince, blouson noir, cuir noir, pantalon sombre.
brun, plutôt mignon.
Sourire ironique, je souris franchement.
Je suis contente de le voir, j’ai moins peur.
“Alors c’est toi ?”
Déstabilisant comme entrée.
Je dois comprendre quoi ? Qu’il m’as confondue avec une autre ?
apparemment pas.
Alors ? j’en sais rien. Je répond bêtement un truc premier degré qui le fait sourire.
Il m’invite à avancer, vers la lumière, ne cesse de me regarder.
Son regard insiste insiste, c’est atrocement gênant.
L’impression d’être un rat de laboratoire, un animal de cirque, une bête curieuse…
Il n’est pas méchant, son regard. Il enquête, il explore, il est… il est incroyablement impudique.
En regardant effrontément chaque détail de mon visage, et furtivement ce qu’il peut deviner de ma silhouette à travers mon manteau, il touche à l’impudeur sans sourciller.
je joue avec son regard, je me cache, il me demande de cesser, je lui demande de cesser.
on joue.
il force le regard entre les doigts de la main qui me sert d’écran. Je souris, je rougis.
Il commence des phrases sans les finir.
Il finit par me tourner le dos afin de respecter mon injonction de ne plus me regarder dit-il.
Le jeu continue.
Je questionne, je veux savoir, connaitre la fin de ces phrases en suspens.
Il dit alors sa surprise de préférer l’original aux clichés.
Il lâche ça de dos. Une petite bombe, de dos.
Il justifie que ça me permettra de rougir sans qu’il ait à le voir.
Je souris.
Il est joueur, moi aussi.
Il sait jouer, j’aime jouer.
c’est gagné : j’en veux plus.
Je lui dis que j’aime les compliments, je l’incite à continuer.
Il sourit. Je le vois, même de dos.
On monte. Épreuve de l’ascenseur.
A la lumière des néons l’inquisition reprend.
Le jeu ainsi institué est séduction.
C’est éprouvant et plaisant.
Il est joueur, moi aussi.
Il sait jouer, j’aime jouer.
Il est séducteur, j’aime ça.
je veux en voir plus.

 

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