sylnia

Saleté ! (épisode 1)

Dans Saleté ! le 16 février 2009 à 02:03
Minuit, c’est pas franchement une heure pour arriver chez quelqu’un. Particulièrement chez un homme. Particulièrement quand on ne le connait pas.
Mais après tout pourquoi pas.
“Saleté!”
Immeuble moderne, plein cœur du 14e tranquille.
Vitres fumées. J’attends. Je viens de marcher 500m, et j’ai froid.
Coup de fil, il arrive.
J’me sens con, ridicule, inconsciente…
J’ai envie de repartir, de ne pas attendre.
Je suis fatiguée… peu dormi les nuits précédentes.
Une main derrière la vitre. Il fait sombre dehors, sombre dedans.
Il a du se glisser dans le noir jusqu’à la porte, certainement pour m’observer.
Une main derrière la vitre, qui se dirige vers la poignée de porte.
C’est tout ce que je vois, furtivement.
C’est cocasse et inquiétant.
Mais après tout pourquoi pas.
La porte s’ouvre, à la dérobée.
Toujours une ombre, je ne vois toujours rien de plus qu’une vague ombre.
J’entre, je salue.
Il sourit.
Il est là, mince, blouson noir, cuir noir, pantalon sombre.
brun, plutôt mignon.
Sourire ironique, je souris franchement.
Je suis contente de le voir, j’ai moins peur.
“Alors c’est toi ?”
Déstabilisant comme entrée.
Je dois comprendre quoi ? Qu’il m’as confondue avec une autre ?
apparemment pas.
Alors ? j’en sais rien. Je répond bêtement un truc premier degré qui le fait sourire.
Il m’invite à avancer, vers la lumière, ne cesse de me regarder.
Son regard insiste insiste, c’est atrocement gênant.
L’impression d’être un rat de laboratoire, un animal de cirque, une bête curieuse…
Il n’est pas méchant, son regard. Il enquête, il explore, il est… il est incroyablement impudique.
En regardant effrontément chaque détail de mon visage, et furtivement ce qu’il peut deviner de ma silhouette à travers mon manteau, il touche à l’impudeur sans sourciller.
je joue avec son regard, je me cache, il me demande de cesser, je lui demande de cesser.
on joue.
il force le regard entre les doigts de la main qui me sert d’écran. Je souris, je rougis.
Il commence des phrases sans les finir.
Il finit par me tourner le dos afin de respecter mon injonction de ne plus me regarder dit-il.
Le jeu continue.
Je questionne, je veux savoir, connaitre la fin de ces phrases en suspens.
Il dit alors sa surprise de préférer l’original aux clichés.
Il lâche ça de dos. Une petite bombe, de dos.
Il justifie que ça me permettra de rougir sans qu’il ait à le voir.
Je souris.
Il est joueur, moi aussi.
Il sait jouer, j’aime jouer.
c’est gagné : j’en veux plus.
Je lui dis que j’aime les compliments, je l’incite à continuer.
Il sourit. Je le vois, même de dos.
On monte. Épreuve de l’ascenseur.
A la lumière des néons l’inquisition reprend.
Le jeu ainsi institué est séduction.
C’est éprouvant et plaisant.
Il est joueur, moi aussi.
Il sait jouer, j’aime jouer.
Il est séducteur, j’aime ça.
je veux en voir plus.

 

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